vendredi 20 juillet 2012

Corruption, oligarchie, division : Une histoire qui se répète...

Je fus récemment frappé par les rapprochements à faire entre le Québec du milieu du 19e siècle (lors de son passage au capitalisme industriel) et les bouleversements sociaux et économiques actuels. 

Tiré du livre "Brève histoire socio-économique du Québec", ce passage, avec les adaptations nécessaires, est particulièrement éloquent:

"Pour ceux qui pouvaient investir, ce fut une époque d’accroissement des richesses, des pouvoirs et des privilèges sociaux. Les élites déjà en place profitèrent de l’accroissement des pouvoirs civils de l’État, de l’évolution des pouvoirs policiers et judiciaires, des conflits ethniques et de l’influence idéologique et institutionnelle de l’Église pour raffermir leur autorité.
Quant aux paysans, aux colons, aux petits salariés et aux veuves, leur survie se résumait souvent à une lutte quotidienne pour trouver de l’emploi ou simplement pour joindre les deux bouts. Mais, à travers les conflits ethniques et les grèves ainsi qu’à l’occasion de certaines épidémies, on discerne une résistance aux changements fondamentaux dans le monde du travail et des relations sociales. Cette opposition se traduisit de nouveau par des émeutes, des grèves ou des manifestations politiques, d’autres fois par une résistance à l’autorité sous le couvert d’actions individuelles comme l’incendie criminel, les voies de fait ou simplement le refus d’assister aux services religieux, de payer la dîme, les taxes ou les droits seigneuriaux. Sans être particulièrement nouveau, chacun de ces actes représentait néanmoins un combat social constant." (p. 179)

Il suffit de remplacer l'Église par l'économie de marché (voir à cet effet Hausse des frais de scolarité: le culte de la Déesse Économia), les paysans par les ouvriers, les colons par les immigrants, etc.

Un simple retour dans le passé rapproché nous permet de constater à quel point chaque époque aura vu les riches accaparer l'État pour s'enrichir au détriment de la classe ouvrière, et que cette dernière n'a jamais rien d'autre que la rue et "l'illégalité" pour manifester son opposition (puisque les lois, les taxes ou la dîme par exemple étaient instaurés par et pour le pouvoir en place, soit la bourgeoisie et l'Église).

Il est bon également de se rappeler que la rébellion des Patriotes (1737-1738) ne fut pas que l'affaire des nationalistes francophones, comme voudraient bien le laisser croire l'Élite et le pouvoir qui se dit fédéraliste, mais qui n'est que plus à l'aise pour manœuvrer au Québec grâce à la division fédéraliste/souverainiste (un seul parti sert de refuge aux fédéralistes endurcis). Au contraire, plusieurs anglophones partageant les valeurs des canadiens-français de l'époque (notamment Marcus Child, Ephraim Knight, Robert Nelson de même que John Neilson, W. H. Scott et E. B. O’Callaghan qui représentaient des circonscriptions francophones). Il y avait bien sûr des divisions profondes, mais la division ethnique favorisée par l'Élite britannique servait bien plus la cause Anglo-saxonne (loyaliste) qu'Anglophone du Bas-Canada (Québec actuel).

"Diviser pour régner" est encore aujourd'hui un concept très actuel. L'union entre anglophones et francophones du Bas-Canada aurait été désastreuse pour le projet d'annexion de ce qui est maintenant le Québec au reste du Canada.

Dans la crise actuelle (corruption du parti libéral de Charest, grève étudiante, scandales multiples (voir: http://www.liberaux.net/), ne constatez-vous pas l'effort de division et de segmentation de la population par le pouvoir en place ?

L'opposition entre les étudiants et les travailleurs, ça vous dit quelque chose ? (Comme si les étudiants n'allaient jamais être eux aussi des travailleurs!)

L'opposition entre la jeunesse et les Boomers, ça vous dit quelque chose ? (Comme si les Boomers n'avaient jamais été jeunes, et que les jeunes ne deviendraient jamais vieux!)

L'opposition entre Montréal et les régions, ça vous dit quelque chose ? (Montréal, qui a subi la majorité des inconvénients des manifestations étudiantes est pourtant moins hostile à la cause que les régions, qui elles ne perçoivent trop souvent les inconvénients des manifestations qu'à travers le filtre des médias (Péladeau et Desmarais) et les chiffres comptables des dépenses policières attribuables, disons-le, à l'instrumentalisation d'une crise sociale, prolongée à des fins partisanes du parti libéral).

Des élections avant la commission Charbonneau, alors qu'il resterait plus d'un an de mandat aux libéraux (le temps de changer leur image en changeant de chef), vous croyez que la prolongation du conflit étudiant n'avait pas pour but de monopoliser l'attention des médias sur la crise étudiante plutôt que sur les révélations de corruption du parti libéral de John James Charest ?

D'ailleurs, le Parti réformiste (conservateur) avait tout orchestré lors du projet de constitution du canada (1864) pour avantager les Anglophones loyalistes des Cantons de l'est, dont est originaire notre John James, un ex-conservateur, toujours loyaliste. Remontons le temps:
"Nulle part cette rhétorique ne fut plus évidente que lors des négociations qui aboutirent à la Confédération; la minorité anglophone du Bas-Canada se vit alors donner des garanties quant aux écoles protestantes, à la répartition des taxes scolaires et à un nombre fixe de circonscriptions dans les Cantons de l’Est. À Montréal et à Québec, des chefs politiques comme La Fontaine, Cartier et Langevin lièrent leur parti aux grands intérêts industriels en acceptant des postes d’administrateurs, des contrats et des contributions à leur formation politique." (p. 167)
Pourquoi croyez-vous que des mesures furent instaurées pour encadrer L_'_I_N_F_L_U_E_N_C_E du privé sur le politique, que l'on nomme aujourd'hui tout banalement le lobby... Pour qui le "libéral" conservateur John James, (dont plusieurs au sein du parti ont déjà accepté des postes, contrats et contributions...) dirige la province, à quels intérêts veille-t-il ?

Mise à jour:  Un sentiment de déjà-vu? 
"Au cours des décennies qui suivirent la Confédération, la politique provinciale fut marquée par l’instabilité, la forte opposition entre la droite catholique et les centristes, ainsi que par la dette provinciale de plus en plus lourde attribuable aux subsides accordés pour la construction des chemins de fer et les autres activités industrielles. Les industriels réclamèrent diverses formes d’aide gouvernementale, une main-d’œuvre bon marché et une économie stable. L’aide gouvernementale du Québec se modifia, passant de subventions directes à des mesures législatives en matière d’investissements, d’impôts et de main-d’œuvre." (p. 284)
[...]
"Les deux premiers ministres [Taschereau et Gouin] encouragèrent fortement le développement industriel par une exploitation rapide des ressources naturelles, un régime fiscal peu exigeant, l’intervention minimale de l’État dans les affaires et une attitude paternaliste envers la main-d’œuvre.
[...]
Cette alliance entre les gouvernements provinciaux libéraux et les grandes entreprises fut consolidée par de vieilles amitiés, par des sièges d’administrateurs et leurs prébendes, par des ententes contractuelles et des contributions politiques."

Ceci date du début du 20e siècle...

L'histoire ne fait que se répéter vous me direz...

Il suffit de se remémorer quelque peu son histoire pour découvrir que nous tombons souvent facilement dans le même piège de la désinformation et de la division orchestrées par l'élite de l'ombre (corporatisme international, Demarais), qui s'enrichit encore et toujours au fil des crises sociales, et ce, depuis des lunes...

Il est grand temps que ça cesse.

... Et les ouvriers du 19e siècle qui manifestaient leur opposition se faisaient traiter eux aussi de gâtés pourris et considérés comme chanceux de pouvoir travailler (dans des conditions merdiques) pour nourrir leur famille...

Chaque époque a ses avancées sociales, et chaque avancée sociale a ses détracteurs: principalement la bourgeoisie qui voit ses privilèges fragilisés, et la portion de la population qui s'endort au son des contes de fées bourgeois...

Réveillons-nous! Éduquons-nous! Apprenons de notre histoire et ne perpétuons pas l'erreur.

Prenons conscience de la force du nombre, lorsqu'orienté dans la même direction, ne serait-ce qu'un instant...

... Et dire que l'Élite a réussi à monter une bonne partie de la population contre le principe de l'éducation accessible et universelle, la faisant paraître comme du gaspillage; comme quelque chose d'inutile, dont une minorité se sert (supposément l'élite), mais dont tous, particulièrement le peuple "des-tracteur", aurait grandement besoin...

"L'histoire, y'a pas de job en histoire, ça sert à rien d'autre que d'pelleter des nuages, péter d'la broue, siphonner les fonds publics... J'la connaît pas mon histoire, pis r'gard moé, j'gagne ben ma vie... En-t-k j'gagne ben plus que les historiens pis des philosophes de sciences molles... Moé, je r'gard en avant, pas en arrière, chu pas né pour un p'tit pain..."
... Et pour ceux qui disent que l'attrait des multinationales en terre québécoise est synonyme de richesse, ce n'est pas en faisant la pute qu'on peut être à la fois riche ET digne...

Prospectus de la Shawinigan Water and Power Company, 1930:

"Nulle part au monde ne trouvons-nous d’aussi bonnes conditions ouvrières que dans la province de Québec, tout spécialement dans la région de la Shawinigan Water and Power Company.

Il serait difficile de trouver un peuple plus heureux et satisfait sur terre. Le sentiment de satisfaction du peuple canadien-français constitue un élément très important pour les employeurs de cette région; cette valeur humaine étant directement attribuable à la direction sage et avisée de leurs pères confesseurs, les prêtres catholiques. Dans cette région, pendant des siècles, le premier principe de la religion des habitants a voulu que l’on soit heureux de son sort.

Les syndicats locaux font des demandes modérées... De plus, la dimension proverbiale de la famille canadienne-française constitue un facteur d’importance dans la disponibilité de la main-d’œuvre. Puisque tous doivent se nourrir, tous doivent travailler et les manufactures disposent ainsi d’une main-d’œuvre féminine et masculine à portée de la main ; et, puisque tous doivent travailler, les salaires demandés sont extrêmement bas"

"Qu'il fait bon faire des affaires au Québec!" (entendre: "on les ... pour des peanuts, et ils en redemandent encore!")

Belle... Belle job de brainwash...

Je me souviens... pas...



SOURCE

Dickinson, John A. et Young, Brian. "Brève histoire socio-économique du Québec", 4e édition, Septentrion, 2009. p. 167, 179, 284.

dimanche 3 juin 2012

Le culte de la déesse Économia

Que de maux et d'écrits
 Pour de si simples chiffres
Faisant ombrage à une idéologie
 Pourtant malade au paroxysme
 Que notre sinistre gouvernement
N'ose même pas vendre ouvertement

PROLOGUE

Encore la hausse des frais de scolarité! Mais la référence à cette dernière n'a pour but que de parler du symptôme d'un mal bien plus grand, un exemple sur lequel bâtir un raisonnement, un prétexte à la réflexion...

Réfléchissions...

CONTEXTE

Le gouvernement libéral accepte de réduire les frais afférents du même montant que les économies dégagées dans la gestion des universités.

La CRÉPUQ affirme qu'il y aura très peu de marge de manœuvre pour dégager des économies dans les dépenses des universités.

Malgré le très peu d'économies envisageables (d'ailleurs contesté), donc de possibilités de baisser les frais afférents -- a fortiriori les frais de scolarité -- le gouvernement s'entête à ne pas appliquer les économies potentielles ("invraisemblables") auxdits frais de scolarité (contributions étudiantes). Si des économies son illusoires, et par le fait même une baisse des frais de scolarité correspondante, comment justifier cette position si elle n'est pas idéologique ?

L'augmentation des frais de scolarités ne vise donc pas à assurer le financement des universités. Ce n'est pas non plus une question de budget, non plus qu'une question de juste part. (voir à ce sujet: Hausse des frais de scolarité: Qui dit vrai ?). Il s'agit encore moins d'assurer la qualité de l'enseignement ou de la recherche, puisqu'une meilleure gestion des ressources aurait pour effet d'augmenter les fonds disponibles, donc alloués pour l'amélioration de la qualité de l'enseignement et de la recherche (entendre recherche fondamentale).

Plus récemment, même une réduction du crédit d'impôt (Ce crédit d'impôt bénéficie directement aux étudiants une fois devenus travailleurs, donc à coût nul) n'était pas une solution envisageable pour le gouvernement, pour des prétextes d'image !

Si le gouvernement était d'accord pour qu'un conseil provisoire évalue l'efficacité des universités, c'est que les étudiants y étaient minoritaires (p. 11 et 12). La majorité était formée de recteurs, de représentants du gouvernement et de représentants du milieu des affaires, désignés par le gouvernement ! Pourquoi donc et dans quel but ? Arrimer les formations universitaires aux besoins de l'entreprise privée, dans une optique de marchandisation des universités (vous reverrez ce concept à la fin du texte, mais probablement d'un autre œil !).


MARCHANDISATION ET CONSOMMATION

Nous l'avons tous entendu ce mantra de la "marchandisation du savoir / éducation / universités", à un point tel qu'il devient banal. C'est comme le capitalisme: on regarde d'un air dubitatif ceux qui le remettent en question. Mais comme un poisson vivant dans l'eau polluée, on ne réalise pas à quel point ce qui nous semble indispensable en fait nous tue. Ce n'est pas l'eau qui tue les poissons, mais bien la pollution (toxicité de l'eau) ; ce n'est pas non plus le capitalisme qui tue, mais bien ses excès. Ce serait donc comme dire que l'eau polluée qui tue est, somme toute, bonne pour les poissons parce qu'elle contient tout de même des nutriments et les nourrit ! Gras, sucre, sel, cigarette, alcool, toxicité, capitalisme ! La dissonance est évidente, mais avons-nous su évaluer en temps opportun les dangers de leur consommation excessive et/ou à long terme?

Je dis bien ici consommation

Parce que la consommation est à la base de l'économie de marché (dite capitaliste) que plusieurs perçoivent comme étant le fondement de l'augmentation de la richesse et l'élévation du niveau de vie de tous, même les plus pauvres. Ils n'ont pas tout faux, mais l'envers de la médaille est occulté: ceux qui perdent au change n'ont plus le nécessaire (entendre ressources) pour parler suffisamment fort et que leur point de vue soit entendu !

On pourrait prendre pour exemple les pays sous-développés, mais approchons-nous plutôt des conséquences locales d'une non-écoute, et ce, même en contexte démocratique (entendre oligarchie). Par exemple, le gouvernement conservateur a récemment coupé 8 des 11 postes de chercheurs sur la toxicologie du St-Laurent, et plus particulièrement sur les bélugas, qui sont un excellent indicateur du niveau de pollution globale du fleuve en raison de sa position de tête dans la chaîne alimentaire (faire ici un rapprochement avec l'humain).

Loin loin du sujet vous me direz, mais cette coupure du gouvernement est faite au nom de l'économie (de marché) qui dicte (1) des compressions gouvernementales, mais surtout (2) la réduction des moyens de mesurer l'impact qu'auront les forages pétroliers d'Old Harry sur l'environnement qui lui, par exemple, pourrait nuire à la sacro-sainte économie.

Quel est le rapport ? Voyez ce qui suit.

ARGUMENT ÉCONOMIQUE Vs INTÉRÊT ÉCONOMIQUE

L'argument économique du gouvernement est d'effectuer des compressions budgétaires pour réaliser des économies au sein de l'appareil gouvernemental. Le réel intérêt économique, car nous ne parlons plus ici de l'argument mis à l'avant-plan, mais bien du but d'invoquer l'argument (entendre appât) qui lui, fait ombre au réel intérêt économique.

Le réel intérêt économique donc, n'est pas de réaliser des économies en coupant des postes de chercheurs, mais bien de supprimer les sources de données et statistiques pouvant faire une tache dans le parcours théorique des bienfaits économiques d'Old Harry, et éventuellement ralentir, voire même empêcher l'exploitation pétrolière: ce qui est en fait le RÉEL enjeu économique. Mais celui-là, il est moins populaire, du moins, il pourrait générer plus de craintes.

Alors on met de l'avant les coupures motivées par la réalisation d'économies de salaires de vieux intellectuels amoureux de bélugas inutiles, pendant qu'on retire les moyens de mesurer l'impact à long terme (tant environnemental qu'économique) que pourraient causer les forages. Mais qu'est-ce que le long terme pour un parti politique, 5 ans, tout au plus ?

Qui perd alors au change ? Les 8 chercheurs ? Les bélugas ? La biodiversité du St-Laurent ? Aucun de ceux-là ne perd autant que la population humaine qui se prive d'un laboratoire qui permettrait de comprendre comment la pollution affecte les êtres au sommet de la chaîne alimentaire, tant pour le béluga que pour l'humain. Si tous ces acteurs ne parlent pas assez fort, l'exploitation se fera, et pollution ou risque de catastrophe écologique s'en suivra, le tout, probablement plus que 5 ans plus tard...

Mentionnons que les bélugas du St-Laurent sont anormalement atteints de cancers (3% dans le règne animal, 23% chez l'humain, 27% chez le béluga). Y aurait-il un lien à faire avec des cancers humains ? Qu'importe ! Le cancer est lucratif ! Qui investira pour mettre de l'avant un plan de prévention, limitant l'expansion économique (entendre pollution et profit majoritairement privé) ? Il est en effet bien plus lucratif de trouver médicaments et traitements pour soigner le (déjà) malade, que de prévenir l'apparition de la cause (entendre mine d'or) du besoin (entendre soif) en médicaments/traitement (entendre vivre) ! Une mine d'or qu'est cette soif de vivre ! Trop machiavélique pour être vrai.

Vraiment ?

Ce n'est que beaucoup plus tard que la population, une fois directement affectée -- et le lien de causalité établi (illusoire sans des données et statistiques) -- parlera assez fort pour qu'on l'entende. Mais il risque d'être trop tard... Qui alors perdra réellement au change, mais surtout, au profit de qui ?

Le lien avec la marchandisation des universités ? J'y arrive. 

L'ÉCONOVIE

À quoi bon, dans un monde dominé par l'économie de marché, offrir des programmes pour lesquels on ne prévoit aucun débouché économiquement viable ? (Voir à ce sujet: "Petite réflexion sur l’utilité et l’instrumentalisation des études et du savoir."). "L'économiquement viable" s'entend dans le cadre d'une économie de marché où les profits doivent indubitablement être au rendez-vous.

Ainsi va l'éconovie, une adaptation du monde par et pour l'homo œconomicus.

Tout ceci, parce que la consommation est le moteur de l'économie de marché: le producteur produit, le marchand marchande, le consommateur consomme ! Pour créer de la richesse ! Vraiment ?

Les universités dans tout ça ?

Former la main-d’œuvre de ce qui fait tenir en place cette roue infernale. Éduquer le "capital humain" pour qu'il puisse servir (entendre outiller) à la fois au (le) producteur produisant et au (le) marchand marchandant. En finalité, ces travailleurs (entendre outils) jouent leur rôle de consommateurs actifs suffisamment riches pour consommer ce à quoi ils sont outillés à produire.

Je n'ai rien inventé ici, c'est le principe même du fordisme, l'ère industrielle fait alors un réel bond en avant... Avions-nous d'abord préalablement maîtrisé le saut, et d'autant plus l’atterrissage ?

L'université (entendre organe de transmission du savoir), devenue indispensable en raison de l'avancée du savoir et des technologies, serait donc sur le point de devenir un maillon de la chaîne de l'éconovie pour laquelle on voue un culte, voire la finalité même de l'existence humaine ?

Et si la puissance d'un pays se mesurait à ses richesse et diversité culturelles, à son savoir. Au nombre et à la qualité des penseurs, philosophes, sociologues, musiciens, artistes de toutes sortes. Tout plein de sciences "molles" (entendre inutiles). Qu'y découvririons-nous ? L'utopie diraient certains, l'enfer diront d'autres...

Mais la justification de l'enfer se limiterait à comparer les pays opprimés en raison de leur refus d'entrer à pieds joints dans le tourbillon du commerce international (entendre l'éconovie), tel que pensé (entendre prévu) par les puissances colonialistes, qui en sont également les principales bénéficiaires...

Le bouillon de culture n'a aujourd'hui de valeur que s'il est exporté, valorisé (entendre cashé). De la culture sur demande, une formation universitaire sur demande, un savoir sur demande... Tout pour capitaliser, produire, vendre, "rendementer" sur investissement dans le but singulier de "créer de la richesse", que l'on associe à tort comme LE guichet unique menant au bien-être. Le bien-être n'est-il pas une finalité ? Ne peut-on pas le dissocier de l'éconovie ? Le bonheur serait donc un concept néo-classique ?

Le débat sur la hausse des frais de scolarité, qui n'a en fait pas eu lieu avec le gouvernement Charest, se veut en fait une expression par la population du seuil à ne pas dépasser, une limite à respecter, au-delà de laquelle l'emprise de l'économie sur ce qui se veut le patrimoine commun de l'humanité ne peut pas tresspasser: l'avancée du savoir et de la connaissance. Qu'aurait eu comme impact la propriété intellectuelle au temps de Cro-magnon ?

La hausse des frais de scolarité s'inscrit dans une logique (redisons-le, mais cette fois-ci avec une perspective nouvelle), une logique de M_A_R_C_H_A_N_D_I_S_A_T_I_O_N du savoir ! Orienter la connaissance, donc l'évolution humaine, en fonction de ce qui est économiquement rentable, non plus humainement viable ! (Voir à ce sujet: La capacité d'évolution humaine: Une remise en question par les changements climatiques).

L'humain a pourtant vécu des milliers d'années sans la marchandisation du savoir (imaginez le peuple inculte que nous serions si Cro-magnon avait "marchandisé" ses connaissances, limitant ainsi la transmission du savoir à ceux qui pouvaient se le permettre, et non les meilleurs... Desmarais fils n'a qu'hérité, W. Bush aussi, Ben Laden aussi, etc).

LE CULTE DE LA DÉESSE ÉCONOMIA

L'économie de marché serait-elle alors devenue une fin en soi, orientant tous les choix de société, quitte à opérer de "justes" sacrifices commandés par les gourous de la finance pour apaiser la colère ravageuse de la déesse Économia ?

Tel Dieu, Économia ne serait indulgente qu'envers ses repentants... D'une grâce bienveillante, accueillant inconditionnellement ses brebis égarées, à condition qu'elles s'y convertissent et y fassent acte de foi... (et d'y ajouter le pléonasme aveugle...).

Des méchants bébés gâtés ces étudiants qui ne se plaignent que pour une augmentation de 325$, 254$, puis 219$ par année... Peu importe le chiffre, c'est comme les 8 scouts en vacances (entendre scientifiques barbus à bélugas), les vrais enjeux, insidieux mais profonds, dépassent le simple montant de la hausse, dépassent les simples mises à pied de quelques scientifiques, dépassent le seuil d'attention du grand public préoccupé par ce qu'il y aura dans son assiette le soir, mais victime d'embonpoint...

POST-PARTUM

Le mouvement de contestation naissant laisserait-il derrière lui un goût amer à la génération qui croyait pouvoir mettre au monde sans que sa vie n'en soit bouleversée ? Certains, de tous âges, adhèrent cependant à ce bouleversement et montrent un signe d'éveil après 40 ans de service, passant  tranquillement de spectateurs à réels acteurs dans la (entendre leur) société et qui le font autrement qu'en s'instrumentant. L'espoir est là, mais...

D'entendre, après plus de trois mois d'opportunités de discussion et de débat profond, des propos qui n'évoquent encore qu'une guerre de chiffres haussiers variant entre 0$ et 325$ par année, démontre qu'un vaste travail d'éducation populaire reste à faire. Les solutions pleuvent, mais n'incluent pas de hausse telle que le commande Économia, donc inacceptables pour le gouvernement... actuel.

Le but de la hausse est bien l'intégration économique du savoir, non pas le financement des universités ! Le but de la hausse est également le désengagement progressif de l'État envers ce bien commun qu'est l'éducation, sous un prétexte de la juste part, pour mener en douce ce projet d'annexion au marché. À court terme, pour les myopes, le but de l'étirement du conflit étudiant, c'est de détourner l'attention d'un bilan idéologique peu reluisant, et non pas de jouer à l'entêté !

Idéologie et débat de fond, confortablement vautrés à l'ombre d'un "fallace"...

Que de maux et d'écrits pour de si simples chiffres, faisant ombrage à une idéologie que notre sinistre gouvernement n'ose même pas vendre ouvertement...

Et après ?

RENAISSANCE

Il suffit d'écrire l'histoire...

...

Le futur, c'est aujourd'hui...

mardi 22 mai 2012

L'indignation en chiffres et en aberrations

Cet article, écrit par Geneviève L'obstineuse, est une reproduction intégrale de ce que vous pouvez trouver ici si vous êtes abonnés de Facebook. Je n'ai donc aucun mérite ni dans la rédaction, ni dans la recherche des sources.

L'auteure a depuis mis en ligne son texte à cette adresse : http://www.liberaux.net/. Suite à des rumeurs de fermeture du site, vous pouvez également retrouver l'intégralité sur ce site miroir: http://liberaux.quebecleaks.org/# et en format pdf.

Je vous suggère désormais d'aller directement sur un de ces sites puisque le texte est bien mieux présenté qu'ici. N'hésitez cependant pas à consulter les textes de Crépolitique, dont "Hausse des frais de scolarité: qui dit vrai ?" qui contient tout autant de sources très pertinente.